Diarrhées néonatales : connaissez-vous les agents pathogènes présents dans votre exploitation ?

Publié le 09 septembre 2021

Les diarrhées néonatales sont responsables de la majorité des mortalités des veaux laitiers. Même si le prix des veaux mâles n'est pas au plus haut, travailler sur la santé des veaux est un axe rentable d'amélioration de la durabilité de l'exploitation : face à un manque de renouvellement, les problèmes s'enchaînent. La taille des troupeaux augmente et le nombre d'éleveurs diminue : il n'y a donc plus de place pour l'improvisation ou le tâtonnement. Il faut donc rapidement savoir quels sont les agents pathogènes responsables des diarrhées de l'exploitation pour mettre en place un plan d'actions ciblées. Et pour être spécifiques, les analyses sont là pour gagner en efficacité.

Pourquoi réaliser des analyses ?

De nombreux sites et ouvrages proposent des hypothèses sur les bactéries, virus et parasites responsables des diarrhées en fonction de la couleur ou de la texture. Mais lorsque l'on réalise des analyses, on se rend compte que de nombreuses variations existent et que, régulièrement, plusieurs agents pathogènes sont impliqués.

Côté probabilité, on sait qu'une diarrhée très liquide, à moins de 2j d'âge est souvent liée à la présence d'Escherichia coli et qu'après 21j, on rencontre fréquemment des coccidies. Mais entre 2 et 21j d'âge, le veau peut rencontrer la quasi-totalité des agents pathogènes les plus courants :

  • Des bactéries : colibacilles K99/F5 ou CS31A ou non typable, clostridies

  • Des parasites : cryptosporidies, giardia

  • Des virus : rotavirus, coronavirus

Probabilité d’apparition

Probabilité d'apparition des différents agents pathogènes en fonction de l'âge du veau en jour

Si les probabilités ne vous enchantent pas pour prendre des décisions ayant un enjeu de plusieurs milliers d'euros, des analyses sont disponibles en routine pour éclairer votre stratégie de lutte.

Quelles sont les analyses disponibles aujourd'hui ?

Deux grands types d'analyses sont possibles aujourd'hui : les analyses de laboratoire ou les kits rapides.

Les kits rapides ressemblent à des tests rapides de grossesses : on prélève un petit volume de bouses en incitant le veau à faire dans un récipient propre en prenant la température par exemple. On met ces fèces dans une solution. On dépose quelques gouttes de ce liquide sur une plaque. On laisse migrer le produit à l'horizontal et on lit le résultat quelques minutes plus tard : 1 barre, c'est négatif. 2 barres : c'est positif. Le principal avantage est d'avoir le résultat en quelques minutes. L'inconvénient c'est qu'on ne recherche que quelques agents pathogènes bien précis et parfois uniquement certaines souches.

Kit de détection

Exemple de kit rapide de détection des agents pathogènes des diarrhées.

Pour les analyses de laboratoire, il faut prélever les bouses dans un flacon stérile et le porter au laboratoire ou au cabinet vétérinaire dans les plus brefs délais et sous couvert du froid positif. Ces analyses ont l'avantage d'ouvrir les recherches à plus d'agents pathogènes et à des bactéries non typables. De plus, si une bactérie est détectée, un antibiogramme est souvent réalisé. L'inconvénient principal reste le délai d'obtention des résultats : il faut compter plusieurs jours. De plus, les analyses de laboratoires sont souvent plus chères que les kits rapides.

Pour être pertinent dans la stratégie de lutte et ne pas passer à côté d'un microbe, plusieurs analyses sont nécessaires dans un intervalle de temps limité : réaliser au moins 3 analyses en un trimestre semble déjà une bonne base de travail.

Que faire du résultat ?

Une fois le résultat obtenu, il est possible d'adapter le traitement :

  • Avec un kit rapide, on pourra ajuster la conduite au veau que l'on vient de prélever. On restera sur les grandes lignes en fonction des agents pathogènes majeurs : antibiotiques, antiparasitaires, traitement symptomatique…

  • Avec une analyse de laboratoire, ce sera pour les malades suivant, mais s'il s'agit d'une bactérie et que l'on dispose de l'antibiogramme, le choix du schéma thérapeutique sera plus précis.

Mise à disposition d'eau

Le pilier de la gestion curative ET préventive des diarrhées néonatales : la mise à disposition d'eau en permanence et à volonté.

La grande plus-value des analyses réside dans le choix des mesures préventives. En effet, le choix du vaccin sera très différent en fonction des bactéries et virus incriminés : si la plupart des vaccins contre les diarrhées néonatales visent les rotavirus, coronavirus et Escherichia coli K99/F5, il faudra bien regarder le spectre lorsque l'on a affaire à Escherichia coli CS31A, à une clostridie ou à une salmonelle. De même, face à un parasite, seuls quelques désinfectants sont efficaces. De plus, certains agents pathogènes sont très liés aux conditions d'hygiène du lieu de vêlage, d'autres aux contaminations entre les veaux et à la surdensité.

En conclusion, pour être efficace et ne pas perdre de temps, il faut connaître les ennemis contre lesquels on lutte. Et pour cela, rien de tel que des analyses pour être précis. Il en est de même concernant les facteurs de risque des diarrhées néonatales : le colostrum est un pilier de la lutte. Pour compléter la stratégie, il convient d'analyser la qualité des colostrums et/ou d'évaluer le transfert d'immunité passive. Pour aller plus loin, n'hésitez pas à nous contacter.

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