L’eau d’abreuvement : de l’or qui dort ?

Publié le 09 septembre 2021

Un bovin est composé à 73% d’eau. Pour une vache laitière moyenne de 650kg, ça représente 475L d’eau. Et chaque litre de lait contient environ 0.9L de ce précieux liquide. L’équation est donc simple : pas d’eau, pas de lait ! Sans compter que l’eau améliore l’ingestion, et donc la production ou les croissances. Au-delà des aspects de production, un abreuvement de qualité et en quantité suffisante est nécessaire à la bonne santé des animaux ainsi qu’à la gestion du stress thermique. Faire le point sur l’abreuvement est donc un levier simple, rentable d’efficience et de durabilité de l’élevage bovin.

Mes vaches boivent-elles suffisamment ?

Première étape : faire le point sur les quantités d’eau réellement bues. En bâtiment, l’idéal est de placer un compteur au niveau de la canalisation de distribution des abreuvoirs. L’investissement est d’environ 25€ par compteur. Au pâturage, il est possible de faire de même si les abreuvoirs sont branchés sur le réseau, ou de calculer le volume d’eau qu’il faut leur apporter sur une journée.

Deuxième étape : comparer avec les consommations moyennes habituelles. Bien sûr, la consommation d’eau va varier en fonction de la ration ingérée et de la température ambiante. Mais s’il faut retenir un chiffre, on peut viser 5L d’eau bue par kilo de matière sèche ingérée, quel que soit le stade physiologique du bovin.

Un autre moyen simple d’estimer la bonne hydratation des bovins est de compter le temps qu’ils mettent à uriner : quel que soit le stade physiologique, un bovin va uriner pendant au moins 10 secondes. Ce comptage est à réaliser sur plusieurs animaux du lot.

vache

Durée de miction d’un bovin : >10 secondes

Si ça n’est pas le cas chez vous, il faut explorer les leviers d’augmentation de l’abreuvement.

Comment augmenter la quantité d’eau bue ?

Premier facteur à explorer : l’eau est-elle réellement accessible ? Pour un abreuvement correct, les bovins ont besoin :

• Que 15% du lot puisse boire en même temps, ce qui signifie qu’il faut une place d’abreuvement ou 1m de longueur d’abreuvoir pour 10 animaux.

• De boire 15 à 20L en 1 minute, ce qui requière un débit de 15 à 20L/min.

• D’avoir la tête inclinée entre 55 et 75°C, ce qu’on obtient avec une hauteur d’abreuvoir à 60% de la hauteur au garrot.

• D’immerger leur mufle dans l’eau, ce qui nécessite une profondeur d’au moins 8 cm.

• De ne pas être dérangés pendant la prise d’eau. On évitera donc les voies sans issues et les zones de passage étroites.

abreuvoir

Abreuvoir à grosse réserve pour pallier au manque de débit.

Deuxième facteur à explorer : le goût et l’odeur de l’eau. Les bovins y sont très sensibles. On veillera donc au nettoyage régulier des abreuvoirs (au moins une fois par semaine). Les quantités de chlore et de fer, ainsi que celles de soufre et de manganèse présents dans l’eau sont aussi des facteurs n’inappétence à ne pas négliger. La présence de courants parasites ou une eau trop froide ou trop chaude limitent la quantité d’eau bue.

Une fois la question des quantités réglées, il faut s’attarder sur la qualité de l’eau d’abreuvement afin de ne pas détériorer la santé des bovins.

Quels sont les critères de qualité de l’eau essentiels pour un bovin ?

Même si les bovins possèdent une panse pleine de bactéries qui permet parfois d’atténuer certains facteurs défavorables, il convient de viser une eau respectant les normes de potabilité humaine :

• Absence de bactéries

• Concentration en fer inférieure à 0.2 mg/L

• Concentration en manganèse inférieure à 0.05 mg/L

• Concentration en chlore libre inférieure à 0.5mg/L

• Ph > 6

Les impacts d’une eau de mauvaise qualité vont de la simple inappétence comme lorsque la concentration en chlore est trop élevée à la mort des animaux lorsque des salmonelles ou certaines clostridies sont retrouvées dans l’eau de boisson.

fer

Excès de fer dans l’eau : inappétence, réduction de débit et concurrence d’absorption des minéraux et oligo-éléments.

Pour résumer, un bovin a donc besoin d’une eau facilement accessible, en grande quantité et de bonne qualité. On oublie trop souvent que c’est le premier aliment et pourtant c’est l’un des moins chers du marché. Dans une exploitation de 60 vaches laitières, l’ajout d’un abreuvoir de 1000L a permis d’augmenter la production de 2kg de lait par vache et par jour. Dans une autre exploitation de 80 vaches laitières, la mise en place d’un défériseur a amélioré la production de 1.5kg/j/vache et divisé le nombre de mammites par 2. Dans une troisième exploitation, la mise à disposition d’une eau de bonne qualité à volonté aux veaux à divisé le nombre de diarrhées néonatales par 3. Si vous aussi vous voulez faire le point sur l’abreuvement de vos bovins, n’hésitez pas à nous contacter.

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